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Accueillir les répits — s'exercer à créer et à évoluer

Pourquoi l'ennui n'est pas le bon mot pour décrire l'état qui mène à la créativité

Par Samuel LeGresley le 6 août 2026

Cet état où notre esprit s’égare est communément appelé « ennui », et ses effets se font sentir quelques instants avant même que nos doigts ne cherchent le téléphone dans nos poches.

Le « travail profond » (deep work), indispensable à de nombreuses tâches de notre quotidien, n’est possible que si l’on réduit les distractions omniprésentes. Cela dit, nul besoin de se lancer dans une « détox numérique » pour se rendre compte qu’il est difficile de se déconnecter complètement du monde virtuel.

Il y a longtemps, quand Internet n’était accessible qu’à quelques pas (la salle informatique, la connexion par modem, le bouton de démarrage), il nous fallait de l’énergie pour se rendre dans un endroit qui n’était pas le futon. À l’époque, nous n’avions pas de téléphone à portée de main. De toute façon, les contenus proposés n’étaient pas vraiment aussi addictifs : les sites web des années 90 et du début des années 2000 ne disposaient pas du défilement infini ni d’autres outils de distraction de niveau militaire.

Nos esprits sont-ils devenus dépendants de l’attraction de l’écran? Mieux encore, la vraie question est la suivante : devrions-nous nous efforcer de rééduquer notre esprit à s’ennuyer, et redonner à l’ennui ses lettres de noblesse?

Sur les moments de répit et l’étymologie du mot « bored »

Avant même d’aborder ce débat, plongeons-nous dans les origines du mot « boredom » (L’ennui). Être dans cet état particulier signifie ne pas s’intéresser à ce qui nous entoure. C’est l’absence d’enthousiasme. Littéralement, c’est le contraire de ce que cette conversation vise à atteindre.

Ne pourrait-on pas trouver un mot plus approprié?

J’ai trouvé un synonyme : « le répit ». N’est-ce pas un peu plus apaisant?

Les répits dans la nature

On le dit souvent, mais il faut se le rappeler : l’ennui n’est pas l’ennemi d’une vie épanouie. Un répit dans nos activités est en fait la solution pour éviter une vie monotone, car il laisse place à la créativité et à la curiosité.

Maintenant, prenons cette réalité et appliquons-la au plein air. À quand remonte la dernière fois où vous êtes sorti et où vous vous êtes vraiment ennuyé?

Avez-vous vu plus de choses que si vous étiez resté moins longtemps?

Pour être honnête, probablement. Il y a quelque chose à dire sur le fait de ralentir, entouré par les éléments de la nature.

Grèbes à bec bigarré — Il se pourrait bien que vous voyez quelque chose si vous preniez le temps de vous arrêter et de regarder…

Mais voilà que votre appareil émet un « ping », vous rappelant qu’il est temps de réintégrer la société. Et vous voilà de nouveau là, au cœur du parc, mais les yeux rivés sur votre téléphone. À vous occuper de toutes vos responsabilités.

Et si tout cela n’était tout simplement pas nécessaire?

Imaginez que vous sortiez au printemps. Vous regardez le ciel, il est bleu. Le soleil brille de mille feux. Une pause bienvenue loin de l’écran blanc. Vous savourez l’instant, quelques minutes. Les oiseaux chantent, vous sentez la chaleur sur vos épaules… et soudain, vous ressentez une sensation étrange au ventre. Vous sentez l’ennui pointer le bout de son nez. Vous êtes tellement habitué à l’attraction du web que vous ne pouvez pas vous imaginer rester là sans rien faire. Au fond de votre esprit, une pensée surgit :

« Comment puis-je capturer cet instant éphémère pour le garder pour toujours? »

birdtree.land/journal

Réapprenons à intégrer des moments de répit dans nos vies ! Espérons que nos journées n’en seront que plus passionnantes, avec une plus grande capacité à créer et à partager.