1 – Sensibiliser

Bienvenue dans ce guide sur les grainothèques de fleurs sauvages. Pour être un·e grainothécaire, il suffit de rester humble et de continuer à apprendre toute sa vie, chaque fois qu’on le peut. Cette section a pour but de nous aider à planifier notre jardin de semences, à nous éduquer et à informer les autres.

Les sections A et B, qui constituent ensemble la section Éducation, sont les seules parties publiées à ce jour. Restez à l’affût des autres sections du guide qui seront publiées prochainement !

A) Planifier notre jardin de semences, une éducation transformatrice

Un jardin de semences est une véritable grainothèque vivante. De plus, il sert d’habitat à toutes sortes d’animaux ! Cet espace est également une classe extérieure pour vous-même et votre famille et, s’il est public, il peut l’être pour l’ensemble de la communauté. Alors, plongeons dans la création d’un jardin de semences !

Les plants d’ancolie du Canada à l’automne, semés l’hiver d’avant (Aquilegia canadensis)

Ce que les plantes peuvent nous enseigner

« Quand je ne sais pas quoi faire, je vais voir les plantes. Pour apprendre de la terre, il faut être en présence d’un enseignant ». (Traduction libre)

Robin Wall Kimmerer

L’éducation ne se fait pas toujours du haut vers le bas. Elle peut souvent se développer à partir de la racine. Plutôt littéralement, dans le cas de nos cousins végétaux. Lorsqu’il s’agit de la gestion d’une parcelle de terre, nos amis photosynthétiques peuvent certainement nous apprendre quelques-uns de leurs trucs.

C’est pourquoi nous, grainothécaires de fleurs sauvages, pouvons apprendre non seulement de nos semblables humains et animaux, mais aussi des plantes qui nous entourent. La partie de ce guide consacrée à l’éducation transformatrice traite des moyens de rester informé sur la flore. Cette section s’étend sur toute l’année, car l’apprentissage, ainsi que notre éducation et celle des autres, ne s’arrête jamais.

Lire le blog sur l’éducation transformatrice :
Comment les grainothèques de fleurs sauvages sont un modèle d’éducation transformatrice

L’ancolie sauvage a produit sa première fleur au cours de sa deuxième année de croissance !

Poser des questions pour mieux comprendre

Je vais d’abord vous poser quelques questions en guise d’exercice pour vous permettre de créer votre jardin de graines de fleurs sauvages.
Pour moi, le jardinage est le point de départ de tout. C’est là où j’ai commencé mon parcours pour devenir grainothécaire, mais aussi où j’ai appris à mieux connaître les habitants du jardin – les plantes et les animaux, entre autres, qui l’habitent.

Je recommande de se lancer et de commencer à partir de graines. Ça peut aussi bien être un balcon avec des contenants, qu’un grand champ. Et si vous n’avez absolument pas d’espace, il y a des options :

  • Votre communauté locale ou un jardin collectif.
  • Votre voisin, ami ou membre de la famille
  • Le projet l’Effet Papillon peut permettre la création de jardins publics !
  • En tant qu’intendant d’une grainothèque, trouvez un·e « co-grainothécaire » pour planter des fleurs et aider à maintenir la source de semences!

Pour les intendants d’un terrain : Questions sur l’aménagement de l’espace

1 – Qui veux-je voir dans cet espace?

Identifiez ce qui pousse déjà et dressez une liste des êtres vivants que vous souhaitez voir apparaître. Voulez-vous plus d’oiseaux dans vos espaces ? Plus d’insectes bourdonnants ? Ces décisions sont importantes parce qu’elles influenceront votre façon d’agir, les espèces que vous choisirez et l’endroit où vous mettrez votre énergie. Il est normal de se concentrer sur notre jardin avant de s’impliquer dans sa communauté, car c’est l’endroit où nous nous rendons le plus souvent et le plus facilement !

Résultats

  • Nos choix de plantes et d’aménagements paysagers sont enrichis (les plantes hôtes peuvent attirer certains papillons, et les aménagements paysagers tels que les étangs peuvent attirer de nombreux oiseaux et amphibiens).
  • Nous apprenons à connaître la nature de manière accessible en créant un écosystème !
  • Nous obtenons des semences pour notre grainothèque

L’objectif d’une bibliothèque de semences de fleurs sauvages est de promouvoir les plantes indigènes, car elles sont essentielles au cycle de vie de nombreux insectes, qui servent ensuite de nourriture aux oiseaux, aux amphibiens et aux mammifères. Les scientifiques Doug Tallamy et Jarrod Fowler ont dressé une liste des plantes-clés (Keystone) par écorégion, qui aident le plus les abeilles et les papillons indigènes spécialistes du pollen !

Ressources en français

Ressources (en anglais):

2 – Quoi choisir comme plantes ?

Voulez-vous un sanctuaire où les pollinisateurs et les oiseaux peuvent passer leur été ? Voulez-vous concentrer votre attention sur la cour avant, où vous pouvez montrer votre intention et votre passion ? Ou dans l’arrière-cour, où le calme règne et où l’on observe généralement moins vos méthodes de jardinage (peut-être inhabituelles) ? Ou s’agit-il d’un espace public, où les regards seront encore plus nombreux ?

Opter pour un aspect entretenu peut être une sage décision, mais cela peut demander plus d’effort pour être bien fait. À noter qu’un océan de paillis peut noyer de nombreuses espèces de plantes indigènes.

Pour la communication que vous faites, cela peut être important pour certains voisins. Selon le quartier, un panneau peut être très utile pour montrer que vous faites cela pour les pollinisateurs. Vos voisins épandent-ils des pesticides dans leur jardin ? Sont-ils gênés par un aspect non conventionnel ? Ce sont toutes des questions que l’on doit se poser et prendre en compte lorsqu’on pense à l’aménagement paysager pour la faune et la flore.

Et surtout, quelles espèces souhaitez-vous accueillir dans votre grainothèque ?

Ces décisions vous appartiennent, bien sûr, mais les jardins font partie du paysage comme tout le reste de la nature.

Résultats

  • On crée de la place pour les bonnes espèces et les bonnes méthodes d’aménagement, au bon endroit !
  • On peut rallier davantage de personnes à notre cause !
  • On obtient des graines pour notre grainothèque.

Ressources (en anglais) :
Grainothèque de fleurs sauvages d’Ottawa
Plant Finder – Native Plant Trust

Bilingue:
Seed Sitters – David Suzuki Foundation

3 – A quelle fréquence dois-je penser d’ajouter de nouvelles choses, ou de modifier l’espace ?

C’est normal d’avoir envie de créer toute la vision d’un seul coup, de se lancer avec des brouettes de compost et des plateaux de plantes achetées en même temps. Mais n’oubliez pas que la nature fonctionne par cycles. Les jardins de notre grainothèque bénéficient de cette même approche patiente et saisonnière.

Comme toute bonne relation, celle que nous bâtissons avec notre espace de jardin prend du temps. Observer et réagir à ce qui fonctionne (et à ce qui ne fonctionne pas) est un processus continu. De nombreuses graines ont besoin d’être stratifiées pendant l’hiver. Certaines plantes vivaces peuvent ne pas fleurir avant leur deuxième, voire leur troisième année, dans le meilleur des cas. Et certaines leçons ne peuvent être apprises qu’en étant présent. Il faut observer quelles plantes prospèrent, lesquelles ont du mal, et comment l’espace réagit aux changements de la lumière du soleil, de l’humidité et de l’interaction humaine.

Plutôt que de considérer le jardin de votre grainothèque comme un projet isolé et à terminer en un coup, considérez-le comme un calendrier vivant. Une histoire qui se déroule chapitre par chapitre.

Optionnel : Observer avec le journal

Vous pouvez certainement essayer de documenter, avec chaque nouvelle plante ajoutée, les visiteurs dans votre jardin. Vous pouvez utiliser un carnet, un document numérique ou même un journal photo saisonnier. L’important n’est pas le format – c’est de construire une relation au fil du temps avec votre jardin.

« Le journal de la nature enrichira vos expériences et développera l’observation, la curiosité, la gratitude, le respect, la mémoire et les compétences d’un·e naturaliste. Il vous aide à découvrir, à penser, à vous souvenir et à intégrer de nouvelles informations à vos connaissances existantes. Entraînez votre esprit et le monde vous offrira ses secrets de beauté et d’émerveillement ». (Traduction libre)

John Muir Laws

Ressource en français

Zine de départ du Journal nature

Ressources en anglais:
Wild Wonder – Nature Journaling Resources
John Muir Laws – Nature Journaling: Get started and grow!

Deux pages de journal de quelques espèces indigènes omniprésentes dans les pelouses : l’onagre bisannuelle (Oenothera biennis) et la violette (Viola sp.).

Pistes de journal nature

Voici quelques questions possibles pour lancer un questionnement approfondi :

Débuter son parcours
  • Qu’est-ce qui m’attire vers cette vocation, en ce moment?
  • Quel changement petit, mais important pourrais-je faire cette saison?
  • Qu’est-ce qu’une chose que je ne sais pas encore – et comment puis-je apprendre à travers de l’observation?
  • Quelle est la chose que je ne sais pas encore – et comment pourrais-je l’apprendre par l’observation ?
Tenir compte des saisons
  • Que se passe-t-il dans ce lieu cette semaine ou ce mois-ci ? (Pensez à la météo, à la faune, aux nouvelles pousses, aux changements inattendus).
  • Quelles sont les plantes qui semblent heureuses ici ? Quelles sont celles qui ont du mal à s’épanouir ?
  • Quels signes m’indiquent qu’il est temps de planter, de récolter, de se reposer ou d’ajouter quelque chose de nouveau ?
Observer les relations
  • Quels insectes ou animaux ai-je remarqués dans cet espace ?
  • Comment cet espace change-t-il lorsque je le laisse tranquille pendant un certain temps ?
  • Qui d’autre – humain ou non-humain – utilise cet espace ?
Modifier et évoluer
  • Y a-t-il une chose que j’ai essayée et qui n’a pas fonctionné comme prévu – et qu’est-ce que j’en ai appris ?
  • De manière réaliste, à quelle fréquence dois-je planter ou changer des choses ?
  • À quoi pourrait ressembler mon jardin si je laissais les bonnes plantes mener, au lieu de mes plans?
Un regard vers l’avant
  • À quoi ressemble le succès pour moi dans un an ?
  • Qu’est-ce que je suis le plus impatient d’observer dans cet espace au fil du temps ?
  • Quel genre d’héritage que j’espère que ce jardin laissera? Aux pollinisateurs, aux gens, à la terre?

J’espère que ces exemples vous aideront à mieux comprendre votre espace grâce aux plantes. Le reste viendra tout seul !

L’éducation transformatrice et la création d’une grainothèque ne s’arrêtent pas là. Il est essentiel pour notre pratique en tant que grainothécaires de continuer à apprendre et de rester humbles. C’est la voie de la bonne science, et la voie d’un bon réseau de grainothèques!


B) Mise en commun des ressources communautaires

Une fois que nous avons appris de notre jardin, ou de celui d’autres personnes si nous n’en avons pas, une autre façon de créer une grainothèque consiste à mettre en commun les ressources de la communauté, puis à les partager.

L’objectif de cette section est d’éduquer les membres de la communauté aux bonnes pratiques, afin qu’ils cultivent eux aussi leurs jardins de semences et échangent des graines entre eux grâce à une Grainothèque de fleurs sauvages. C’est également un bon point de départ si vous n’avez pas la possibilité de créer un jardin de semences.

Chaînes de communication

La présence sur le Web peut être essentielle pour une grainothèque à grande échelle, car c’est elle qui rassemble les gens. À moins de vivre dans une communauté très soudée, nous avons besoin d’un moyen de diffuser l’information. Tout cela dépend bien sûr de l’endroit où nous vivons et de l’importance que nous accordons à la diffusion de la grainothèque.

Voici quelques-unes des meilleures façons de transmettre l’information, du numérique à l’analogue :

  • Groupe Facebook (le groupe de la Grainothèque d’Ottawa est ce qui a donné le plus d’élan au groupe dans le passé)
  • Bulletin d’information communautaire (un simple e-mail, un service de newsletter ou une plateforme comme Substack)
  • Présence publique sur les réseaux sociaux
    • Exemples en 2025
      • Meta (Instagram et Facebook) : toujours les plateformes les plus visitées à ce jour
      • Bluesky (peut être populaire dans certains cercles, pourrait gagner en popularité à l’avenir, mais reste limité au niveau local)
  • Une chaîne YouTube
  • Envois postaux ou porte-à-porte (expérimental)
  • Événements communautaires réguliers (ou non) pour informer et faire bouger les choses
  • Supports imprimés pouvant être envoyés par courrier ou distribués lors d’événements
    • Flyers de différents formats
    • Zines (brochures auto-publiées, imprimées à la maison et pliées à la main)
    • Fiches d’information

Mais peu importe le format, nous devons réfléchir à ce qu’il contient.

Les messages-clés

La grainothèque de fleurs sauvages d’Ottawa a gentiment partagé une liste de messages clés généraux sur les plantes indigènes, que chacun d’entre nous, grainothécaires, pouvons utiliser comme point de départ pour nos messages.

Voici quelques-uns des messages clés pour 2023, qui constituent l’essentiel du discours de la grainothèque. Utilisez-les comme « points de discussion » autonomes ou comme idées pour promouvoir votre activité d’échange de semences.

  • Pourquoi les plantes indigènes ?
    • Côté humain :
      • Choisissez les plantes adaptées aux bonnes conditions.
      • Une fois établies, elles ne nécessitent ni engrais, ni pesticides, ni arrosage.
      • Elles poussent sans intervention humaine.
    • Côté écologique :
      • Les plantes et la faune coévoluent depuis des milliers d’années.
      • Les plantes importées et modifiées par les humains ont été introduites plus rapidement qu’elles ne peuvent s’adapter.
      • Les pollinisateurs sont les formes adultes des papillons et des insectes.
      • Plus de 90 % des chenilles de papillons de jour et de nuit ne se nourrissent que de certaines plantes indigènes ou de groupes de plantes lorsqu’elles sont bébés.
      • Cultiver des plantes indigènes leur fournit de la nourriture pour leurs bébés et tout leur cycle de vie.
  • La période de plantation est en décembre et janvier.
    • Les graines indigènes ont évolué pour résister à nos hivers rigoureux.
    • Elles ont besoin d’un cycle de gel-dégel pour briser leur coquille protectrice et germer.
  • Aucune expérience en jardinage n’est requise, nous vous aiderons lors de nos événements.
    • C’est très simple : prenez des pots ordinaires ou des bouteilles de jus, utilisez du terreau, placez les graines dessus et mettez-les dehors pour l’hiver.
    • Vous n’obtiendrez pas de bons résultats si vous les jetez simplement sur le sol, car elles feront partie de l’écosystème et seront mangées ou emportées par le vent.
    • Il suffit de les maintenir humides jusqu’à ce que vous les transplantiez dans votre jardin.
  • Pas besoin d’un grand jardin, un balcon suffit.
    • Nous proposons une sélection de plantes qui poussent bien en pots
  • Obtenez des graines gratuites lors de nos # prochains événements dans toute la ville, d’ici au 27 décembre.
    • Visitez notre site web pour trouver celui qui se trouve le plus près de chez vous à l’adresse : URL DU SITE WEB.
    • Rejoignez notre groupe Facebook ou Instagram pour en savoir plus sur le jardinage avec des plantes indigènes et notre impact écologique.
    • Visitez notre chaîne YouTube où nous fournissons de nombreuses ressources pour récolter et semer des graines indigènes.

Restez à jour, car cette section (et le reste du guide) se développera et évoluera.